13.07.2008
Les noces de Camus (extrait pour les vacances)
Mais pourquoi songer ce soir aux amants de Venise et oublier Verone? C'est qu'aussi bien rien n'invite ici à chérir des amants malheureux. Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour. C'est vivre qu'il faudrait. Et Lorenzo vivant vaut mieux que Romeo dans la terre et malgré son rosier. Comment alors ne pas danser dans ces fêtes de l'amour vivant -dormir l'après midi sur l'herbe courte de la Piazza del Duomo, au milieu des monuments qu'on a toujours le temps de visiter, boire aux fontaines de la ville où l'eau était un peu tiède mais si fluide, revoir encore ce visage de femme qui riait, le nez long et la bouche fière. Il faut comprendre seulement que cette initiation prépare à des illuminations plus hautes. Ce sont les cortèges étincelants qui mènent les mystes dionysiens à Eleusis. C'est dans la joie que l'homme prépare ses leçons et , parvenue à son plus haut degrè d'ivresse, la chair devient consciente et consacre sa communion avec un mystère sacré dont le symbole est le sang noir. L'oubli de soi-même puisé dans l'ardeur de cette première Italie, voici qu'il prépare à cette leçon qui nous délie de l'espérance et nous enlève à notre histoire. Double vérité du corps et de l'instant, au spectacle de la beauté, comment ne pas s'y accrocher comme on s'agrippe au seul bohneur attendu, qui doit nous enchanter, mais périr à la fois.14:00 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, "les noces", camus albert.
26.05.2008
Le joueur d'échecs (Stephan Zweig)
Quatre personnages passionnés du jeu d'échecs se croisent sur un bateau au cours d'une croisière. Le défi : gagner contre le champion du monde d'échec Czentovic présent sur le paquebot.
Un merveilleux roman, qui vaut d'être lu aussi bien pour la philosophie du jeu d'échecs, que pour la profondeur psychologique de ses personnages. Stephan Zweig signe ici un petit chef d'oeuvre riche en intrigues.
Extrait:
"Alors se produisit un fait nouveau, inattendu : Czentovic leva les yeux et il examina nos rangs. Il cherchait manifestement à savoir qui lui opposait tout à coup une si énergique résistance.
Dès ce moment, notre excitation ne connut plus de bornes. S i nous avions été jusque-là sans espoir, la pensée de briser la froide arrogance de Czentovic nous brûlaît maintenant le sang. Déjà notre nouvel ami avait décidé du coup suivant. Mes doigts tremblaient quand je saisis la cuiller pour rappeler Czentovic en frappant sur le verre. Nous conçumes alors notre premier triomphe. Le champion qui avait toujours joué debout, hésita...hésita, et finit par s'asseoir."
AGENT BEN.
19:05 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, le joueur d'échec, stephan zweig.
22.05.2008
Les palmiers sauvages (William Faulkner)
Ce roman se divise en deux histoires que le lecteur suit en parallèle. D’abord "les palmiers sauvages" celle de deux amants qui s'enfuient laissant pour la femme : ses enfants et son mari et pour l'homme : sa carrière naissante de médecin, pour essayer de vivre leur amour de façon absolu. Et l’autre histoire qui succède à l’autre, un chapitre sur deux : "Vieux père": l'histoire tragique et aventureuse d'un forçat qui est chargé par les chefs de son pénitencier de porter secours à des sinistrés, victimes de grandes inondations dans le sud de la Nouvelle Orléans.
Comme le chante Amy Winehouse "love is a losing game" , et c'est tout à fait le thème de ce roman très riche en action, dont les deux héros masculin perdront leur liberté, l'un (le forçat) parce qu'il refusera de se laisser tenter par une relation amoureuse avec une femme enceinte qu'il sauve des eaux boueuses du Mississippi et qui préférera retourner à son pénitencier et l'autre l’amant dévoué et aimant, d'une femme ouragan qui tuera malgré lui son amour et finira en prison pour payer cette erreur...
Oui décidemment les histoires d'amour finissent mal en général, mais si vous aimez les beaux romans d’amour vous serez touché et tenu en haleine tout le long de ces 350 pages de ce grand classique de la littérature américaine, prodigieusement bien écrit par William Faulkner.
AGENT BEN.
12:13 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, les palmiers sauvages, william faulkner.
20.05.2008
Désert (Le Clézio)
Titre: Désert
Auteur: Le Clézio.
Ce livre est l'histoire de la jeune Lalla qui a pour ancêtres les "hommes bleus", guerriers du desert saharien. Elle vit dans un bidonville, au sud du Maroc vers 1920. On suit tout le long de ce roman son émerveillement enfantin pour la beauté de la nature. On est touché par son amour pour le Hartani, un jeune berger muet qui connaît tout les secrets et les légendes du désert. Les pages s'enchaînent et le lecteur est plongé dans un tourbillon d'émotions, de sensations puissantes, tant Jmg Le Clézio rend compte de façon extraordinnaire de la beauté des paysages du désert. Son sens descriptif est sans égale.
Puis c'est l'exil à Marseille et la violence qui commence... Mais Lalla a beau souffrir, être arracher aux siens, travailler dans un hotel de passe, devenir cover-girl célèbre, rien n'éteint ses souvenirs, sa force elle la tire de ses origines, de sa foi envers le désert et du sang de ses ancêtres.
Prix Renaudot en 1980 et grand prix"Paul Morand" décerné pour la première fois par l'académie française, ce chef d'oeuvre de la littérature française du 20eme siècle traite de l'identité et de l'éxil.
JMG Leclezio arrive avec un style poétique et envoutant à nous transporter dans le désert, ce livre est un véritable voyage.
AGENT BEN.
EXTRAIT: Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet, de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient.
Lentement ils sont descendus das la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.
C'étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore sombre dans les voiles indigo.
Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement sans regarder où ils allaient. Le vent soufflait continûment, le vent du desert, chaud le jour, froid la nuit. Le sable fuyait autour d'eux, entre les pattes des chameaux, fouettait le visage des femmes qui rabattaient la toile bleue sur leurs yeux. Les jeunes enfants couraient, les bébés pleuraient, enroulés dans la toile bleue sur le dos de leur mère. Les chameaux grommelaient, éternuaient.
Personne ne savait où on allait.
16:42 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, désert, le clézio.
08.05.2008
Paris est une fête (Hemingway)
Dans Paris est une fête Hemingway nous fait revivre son Paris des années 20 alors qu'il est un jeune écrivain très prometteur.
Agé de 25 ans il nage dans le bonheur et ça se sent à la lecture de ce livre qui n'a pas pris une ride, et qui au contraire reste frais et nous donne l'envie de nous promener ce week end dans Paris.
Ernest nous invite à la flânerie le long de la Seine à observer les pécheurs, à descendre la Rue Mouftard pour dévorer des yeux son marché appétissant.
Hemingway, après la rédaction de quelques pages de romans aime à faire l'amour à sa femme et lui payer lorsque les finances le permettent de bons repas au café Lipps.
Sa ballades légère et intellectuelle le conduit tout naturellement à la closerie des Lilas où il discute littérature avec des poètes et des écrivains. "La closerie des Lilas était, jadis, un café oû se réunissaient plus ou moins régulièrement des poètes, dont le dernier, parmi les plus importants, avait été Paul Fort, que je n'avais pas lu. Mais le seul poète que j'y rencontrais jamais fut Blaise Cendrars, avec son visage écrasé de boxeur et sa manche vide retenue par une épingle, roulant une cigarette avec la main qui lui restait.
On y découvre sa complicité avec Gertrude Stein qui lui prodigue des conseils plus ou moins bien accueuillis par le jeune écrivain sur son écriture.
Enfin Hémingway aime à aller chercher des livres très chèrs à l'époque à la bibliothèque "Shakespear & cie" de la libraire Sylvia Bleach Rue de l'Odéon.
La lecture, les promenades, et la bonne nourriture seraient ils les secrets du bonheur?
Tous à Paris ce Week end il va faire beau!
Ben.
15:29 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, hemingway, paris est une fête.
04.05.2008
L'amour dure trois ans (Frédéric Beigbeider
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Ce livre est le compte à rebour de la fin d'un amour, durera-elle trois ans cette relation amoureuse ou pas ?
Fréderic Beigbeder fait rire sur un sujet grave :" La première année on achête des meubles, la deuxième on les déplace et la troisième on les partage".
Où encore "Si votre femme est en train de devenir votre amie il est temps de proposer à une amie de devenir votre femme."
A la question Frédéric Beigbeder "êtes-vous mysogine ?" le génial cynique répond dans une interwiev "non mais c'est vrai que j'ai rencontré jusqu'ici trois types de femmes. Les nymphos qui profitent et qui s'amusent. Les oiseaux mazoutés traumatisés par des salauds et qui refusent de faire confiance aux hommes. Enfin, les masquées-coincéees.(...) Mais c'est dur d'être une femme aujourd'hui. Elles en prennent plein la tête : à leur place, je n'aurais pas envié la routine métro, boulot, dodo des hommes."
AGENT BEN.
15:28 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, l'amour dure trois ans, frédéric beigbeider
22.04.2008
La conjuration des imbéciles
Ignatus J. Relly est un gros garçon qui a 30 ans vit encore chez sa mère. Remonté contre ses contemporains, mysanthrope indécrotable, il vit dans sa petite chambre, où il passe son temps à écrire un essai politique visant à détruire la société américaine qu'il juge décadente et nocive à l'être humain, il prône un retour à des valeurs plus moyenageuses...
L 'Homme est cultivé, mais sa mère s'inquiète pour lui, il serait temps qu'Ignatus travaille... Contraint et forçé de se mettre au "taf" le gros est confronté à divers affairistes , arrivistes de tous poils, plus imbéciles les uns que les autres. Il fout la merde partout où il travaille et démontre ainsi son inadaptation totale à vivre en société.
Personnage hors norme le décalage avec ses contemporains est vraiment considérable et la cohabitation impossible...
Le roman est une suite de gags hilarants, il aurait pu être adapté par les monthy Piton.
Ignatus est un clown intellectuel qui nous fait rire tout le long de ce livre par ses projets farfelus et ses bouffoneries en tout genre. John kennedy Tool a reçu le prix pulizer en 1981 pour cet OVNI de la littérature américaine.
un livre vraiment drôle!
Agent BEN.
14:27 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, la conjuration des imbéciles, john kennedy toole.
09.04.2008
Siddhartha (Herman Hesse) Pour découvrir toute la sagesse du boudhisme et l'occasion de dénoncer sur mon blog, les actes sanguinaires de la Chine vis à vis du peuple tibétain...Toutes les adresses pour soutenir le Tibet!
Auteur: Hermann Hesse
Titre: Siddhartha
Pour ce livre "Siddhartha" Herman Hesse l' écrivain allemand a recu le prix nobel de littérature (en 1946) au lendemain de la seconde guerre mondiale .
Ce ne fut certainement pas le fruit du hasard, et même on peut le voir comme un beau symbole. Premièrement parceque cet auteur avait toujours eu une vision pacifiste du monde et prit partie très tôt dans divers écrits avec Thomas Mann et d'autres écrivains Allemands contre la guerre et contre le nazisme. Deuxièmement parceque ce livre raconte l'histoire d'un homme cherchant la sagesse, et qui malgré ses fautes, ses "péchés" va se diriger vers le chemin de la rédemption.
Ce livre est le roman de l'initiation de Siddhartha, indien de l'époque du Bouddha historique qui se déroule au 6eme siècle avt Jésus Christ. Siddhartha fils de Brahmane très religieux, marque son indépendance d'esprit en voulant trouver la sagesse par lui même en dehors des institutions religieuses de l'époque. Il part donc à travers l'Inde afin de parfaire son karma. Là, Siddhartha va être confronter à la réalité des hommes et se laisser corrompre par l'argent, le jeu, les femmes. Ce n'est qu'au bout de nombreuses mésaventures qu'il va trouver la paix intérieure, la purification de son esprit.
Ecrivain confirmé (il a 45 ans quand paraît le roman) Hermann Hesse nous livre dans un style très épuré, un livre plein de sagesse et d'humanité, dans lequel il fait le rejet de toutes les doctrines, condamne le monde de l'argent, et fait l'éloge d'une vie simple et contemplative dans l'Inde du Bouddha.
Un livre à lire pour découvrir l'esprit du boudhisme et comprendre les fondements de cette religion qui prône la non violence et le pacifisme et dont le pays d'origine et son représentant le Daili Lama sont violemment persécutés par la chine.
La présentation de ce livre est l'occasion pour moi de dénoncer les actes sanguinaires perpétrés par la Chine ces jours-ci et depuis plus de vingt ans vis à vis du peuple Tibétain à la sagesse ancestrâle et de vous donner les coordonnées de soutien au Daili lama en exil qui se bat pour faire reconnaitre le droit de son peuple à disposer de lui même.
Il est important que nous nous manifestions, nous hommes libres et éclairés pour dénoncer les actes d'un pays, la Chine qui organise les jeux olympique cette année et qui souille l'esprit communautaire et de paix de cette institution en foulant du pied tout les principes des droits de l'homme et du citoyen!
Rejoignez vite l'association reporter sans frontière qui milite depuis des années pour que les droits de la presse soient partout respecté dans le monde et qui se mobilise pour dénonçer les exactions de la Chine en matière de droit de l'homme!

Les jeux de Pékin 2008 sont une bonne occasion pour rappeller aux autorités chinoises qu'elles ne respectent pas les droits de l'homme et qu'elle cesse son occupation du Tibet!
AUTRE ADRESSE: TIBET-INFO.NET
AGENT BEN.
12:25 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, siddartha, herman hesse.
06.04.2008
San-Antonio: Valsez pouffiasses! (extrait)
SAN ANTONIO "Valsez, pouffiasses"

Rions un peu c'est les vacances. Attention...Cheeeese!
Béru hésite puis théâtral, relève sa blouse bleue, déboutonne son grimpant et sort son outil à ramoner les dargeaots.
-Comme t'es pas mal bousculée, si tu s'rais copérante, t'aurais droit au super-guisseau de môssieur, ma mignonette. C'est pas du braque d'archiduc, ça? Et encore, tu contemp' alors qu'il est comme qui dirait en pantoufles, l'apôtre. Mais tu le verrais caracoler du gland, du coup tu chantes le grand air de l'Acné! Ah! j'voye à ton regard qu'il t'intéresse mon Pollux, pas vrai? Tu chatoyes de la moniche, ma loute! Tu permets qu'j'controlasse?
Il coule sa main sous la jupe de Miss Lowitz.
-Moi l'uniforme Air France, ça m'a toujours excité. Fais voir! Qu'est-ce j'disais! Elle a l'escardinche qui s'laisse aller, la mère! Et pas qu'un peu, mon n'veu!Oh! dis donc, t'es pas feignasse des glandes, toi!Inutile d't jouer l'Beau Danube bleu pour qu't'humectes du sensoriel! Lève-toi un peu, minette! Là maint'nant assoye toi su' mon gros zygomatique joufflu. T'as vu qu'il est sous pression, l'artiss'? Opérationnel jusqu'aux roustons! Pose-toi, j'te dis! Qu'est ce tu risques pusq'c'est toi qui contrôles la dévalable? Tu m'enfournes à ta botte, si j'pourrais dire. Mollo, la glissade sur la rampe. Qu'est ce tu dis? T'as gardé ta culotte? Ca te cigogne le frifri? Voilà! cric-crac merci Kodac! On peut batifoler tout notre chien de soûl! C'est bonnard, non?Tu joues sul'velours. Maintenant qu'la tronche est passée, l'reste c't'une prom'nade d'santé. Continue d'm'gainer la rapière, chérie! C'te science! Merde, on comprend qu't'aimes mieux ça qu'd faire du point croix! Dans ta situasse, y aller à la langoureuse, pareillement, faut pas craindre!
"San Antonio, tu pourrais p'têtre poser tes questions à cette friponne du temps qu'on lime, les deux, ça s'rait un gain d'temps. J'ai idée que la pointe, ça la conditionne mieux que les m'naces. Ya des gens qui sont un sifflet*. Le tisonnier rougi dans le fion, ça la laisse froide, mais un beau chibre qui y effervesce ça lu disjoncte la volonté. Surtout que là, matte comme elle langoure bien. J'laide en lu r'montant le baigneur à deux mains, pas qu'é peinasse dans les côtes! C'est gode for you, hein, ma bioutifoule?"
-Mademoiselle Lowitz, risqué-je, je suis au courant du téléphone clandestin dans la cahute du cantonier. Je sais beaucoup de choses sur vous ( là je bluffe, mais hein,). Beaucoup, mais pas tout, or je dois tout connaître. Etes-vous d'accord pour répondre à mes questions?
Mais la dame, elle, a d'autres chats à fouetter: le sien!
-Après, apèèèèèès! gémit-elle en accélérant sa gym.
*Nous estimons que Bérurier par " qui sont un sifflet" a voulu dire "qui sont ainsi faits". Qu'on lui pardonne le lapsus. compte tenu des circonstances. l éditeuse.
Extrait de San-Antonio 141 "Valsez pouffiasses" éditions fleuve Noir 1989.
18:20 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, san antonio, valsez pouffiasses.
31.03.2008
Au sud de nulle part

Charles Bukowski (1920-1994)
Pas facile d'être un poivrot!
C'est un métier à plein temps surtout dans un pays, les Etats- Unis où soit tu bosses soit tu crèves, et pour ne pas mourir de soif et s'adonner pendant 60 ans à la bibine Charles Bukowski a du changer plusieurs fois de jobs...
Mais celui qui lui apporta le plus de fric pour s'envoyer de bonnes bouteilles de whisky se fût le métier d'écrivain. La légende veut que c'est en état de manque que Bukoswski écrivait cul sec de ses nouvelles, en une nuit de tremblements.
Comme tout ses écrits "Au Sud de nulle part" est un instantané de ce délire éthylique que fût sa vie. Vingt sept nouvelles.
Toujours à l'affût d'une bonne cuite et d'une partie de jambe en l'air Bukowski sème le bordel partout où il passe dans des bleds pourris "au sud de nulle part" dans lesquels il débarque en transit derrière un comptoir de bar. Il se fait des ennemis, baise de jolies filles. S'il tombe amoureux c'est d'un mannequin de vitrine, s'il travaille crachant du sang dans un abattoire, c'est pour survivre et faire vieillir sa "folie ordinaire" comme du bon vin.
Agent Ben.
Extrait: J'ai pris l'ascenseur jusqu'au premier étage, avec la pinte de Whisky bon marché que j'avais volée au magasin de spiritueux de Sam, une semaine auparavant. Puis j'ai pris l'escalier qui descendait à la cave. En bas, il y avait une petite veilleuse. J'ai déambulé, à la recherche d'une porte. J'ai fini par en trouver une. Il devrait être une heure ou deux du matin. J'ai frappé. La porte s'est entrebaillée, laissant apparaître une superbe femme en déshabillé. Je ne m'étais pas attendu à ça.
Une jeune blonde, belle à croquer. J'ai coincé mon pied dans la porte, et puis j'ai poussé. J'ai refermé la porte derrière moi et examiné la pièce. Pas mal du tout.
"Qui êtes vous? elle a demandé. Foutez le camp!
-C'est assez coquet chez vous. Vous ne voudriez pas échanger avec ma piaule?
- Foutez le camp! Tirez-vous! Dehors!"
J'ai sorti la pinte de whisky du sac en papier. Elle l'a regardée.
" Comment t'appelles tu? J'ai demandé.
-Jeanie.
-Dis moi, Jeanie, où ranges tu tes verres?"
Elle m'a montré une étagère, où j'ai été prendre deux grands verres. Il y avait un évier. J'ai mis un peu d'eau dans chaque verre, puis j'suis allé les poser, j'ai ouvert le whisky et j'ai mélangé.
On s'est assis au bord du lit pour boire. Elle était jeune et séduisante. J'en croyais pas mes yeux. Je m'attendais à une explosion névrotique, une crise psychotique. Mais Jeanie semblait normale, voire saine. Elle appréciait manifestement mon whisky. Elle picolait au même rythme que moi. La curiosité qui m'avait poussé à descendre dans cette cave avait disparu. Je veux dire, si elle avait couvé un petit cochon, si elle avait eu un truc indécent ou horrible ( dans le genre bec de lièvre par exemple) j'aurais eu davantage envie de l'entreprendre...
16:41 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, au sud de nulle part, (bukowski charles)






















