13.07.2008
Les noces de Camus (extrait pour les vacances)
Mais pourquoi songer ce soir aux amants de Venise et oublier Verone? C'est qu'aussi bien rien n'invite ici à chérir des amants malheureux. Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour. C'est vivre qu'il faudrait. Et Lorenzo vivant vaut mieux que Romeo dans la terre et malgré son rosier. Comment alors ne pas danser dans ces fêtes de l'amour vivant -dormir l'après midi sur l'herbe courte de la Piazza del Duomo, au milieu des monuments qu'on a toujours le temps de visiter, boire aux fontaines de la ville où l'eau était un peu tiède mais si fluide, revoir encore ce visage de femme qui riait, le nez long et la bouche fière. Il faut comprendre seulement que cette initiation prépare à des illuminations plus hautes. Ce sont les cortèges étincelants qui mènent les mystes dionysiens à Eleusis. C'est dans la joie que l'homme prépare ses leçons et , parvenue à son plus haut degrè d'ivresse, la chair devient consciente et consacre sa communion avec un mystère sacré dont le symbole est le sang noir. L'oubli de soi-même puisé dans l'ardeur de cette première Italie, voici qu'il prépare à cette leçon qui nous délie de l'espérance et nous enlève à notre histoire. Double vérité du corps et de l'instant, au spectacle de la beauté, comment ne pas s'y accrocher comme on s'agrippe au seul bohneur attendu, qui doit nous enchanter, mais périr à la fois.14:00 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, "les noces", camus albert.
27.05.2008
FAUST en Bande dessinée (vandermeulen & Ambre)
Auteur Vandermeulen David
Le docteur Faust découvre amèrement qu'il a brûlé les plus belles années de sa vie à la recherche du savoir. Tenté par le suicide, il voit apparaître Méphistophélès qui lui propose un pacte: son âme en échange de la jeunesse et des plaisirs qui vont avec. Faust accepte sans illusion.
Ce pacte est en réalité un pari entre Méphistophélès et Dieu...
Faust, la pièce de théâtre de Johann Wolfgang von Goethe publiée dans sa version définitive en 1808, est considérée comme le chef d'oeuvre de la littérature allemande.
Depuis, Faust est l'une des oeuvres littéraires les plus adaptées au cinéma et son personnage principal est devenu la figure mythique la plus souvent reprise dans la littérature moderne. Le succès de cette oeuvre est dû aux thèmes universels que soulève Goethe :
- "la voix de la tentation", Méphistophélès, peut apparaître comme une instance psychique que chacun porte en soi pour assouvir sa frénésie du désir,
- la "perte de l'innocence" qu'entraîne la passion amoureuse de Marguerite, qui tue sa mère pour plaire à son amant.
- le mythe de Faust, séducteur séduit par celle qui n'aurait dû être qu'une conquête comme les autres, a définitivement séduit les artistes contemporains.
Les couleurs de cet album originales et sombres créent une atmosphère mystique et inquiétante, un album très réussi qu’on ne lâche pas avant la fin du récit.
Laissez vous tenter par Faust…
11:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, faust, bande dessinée, vandermeulen, ambre
26.05.2008
Le joueur d'échecs (Stephan Zweig)
Quatre personnages passionnés du jeu d'échecs se croisent sur un bateau au cours d'une croisière. Le défi : gagner contre le champion du monde d'échec Czentovic présent sur le paquebot.
Un merveilleux roman, qui vaut d'être lu aussi bien pour la philosophie du jeu d'échecs, que pour la profondeur psychologique de ses personnages. Stephan Zweig signe ici un petit chef d'oeuvre riche en intrigues.
Extrait:
"Alors se produisit un fait nouveau, inattendu : Czentovic leva les yeux et il examina nos rangs. Il cherchait manifestement à savoir qui lui opposait tout à coup une si énergique résistance.
Dès ce moment, notre excitation ne connut plus de bornes. S i nous avions été jusque-là sans espoir, la pensée de briser la froide arrogance de Czentovic nous brûlaît maintenant le sang. Déjà notre nouvel ami avait décidé du coup suivant. Mes doigts tremblaient quand je saisis la cuiller pour rappeler Czentovic en frappant sur le verre. Nous conçumes alors notre premier triomphe. Le champion qui avait toujours joué debout, hésita...hésita, et finit par s'asseoir."
AGENT BEN.
19:05 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, le joueur d'échec, stephan zweig.
22.05.2008
Les palmiers sauvages (William Faulkner)
Ce roman se divise en deux histoires que le lecteur suit en parallèle. D’abord "les palmiers sauvages" celle de deux amants qui s'enfuient laissant pour la femme : ses enfants et son mari et pour l'homme : sa carrière naissante de médecin, pour essayer de vivre leur amour de façon absolu. Et l’autre histoire qui succède à l’autre, un chapitre sur deux : "Vieux père": l'histoire tragique et aventureuse d'un forçat qui est chargé par les chefs de son pénitencier de porter secours à des sinistrés, victimes de grandes inondations dans le sud de la Nouvelle Orléans.
Comme le chante Amy Winehouse "love is a losing game" , et c'est tout à fait le thème de ce roman très riche en action, dont les deux héros masculin perdront leur liberté, l'un (le forçat) parce qu'il refusera de se laisser tenter par une relation amoureuse avec une femme enceinte qu'il sauve des eaux boueuses du Mississippi et qui préférera retourner à son pénitencier et l'autre l’amant dévoué et aimant, d'une femme ouragan qui tuera malgré lui son amour et finira en prison pour payer cette erreur...
Oui décidemment les histoires d'amour finissent mal en général, mais si vous aimez les beaux romans d’amour vous serez touché et tenu en haleine tout le long de ces 350 pages de ce grand classique de la littérature américaine, prodigieusement bien écrit par William Faulkner.
AGENT BEN.
12:13 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, les palmiers sauvages, william faulkner.
21.05.2008
Le remords (BORGES)
J'ai commis le plus grand des péchés que l'on puisse
Commettre: Le péché de n'avoir pas été
heureux. Que les glaciers de l'oubli me saisissent,
Qu'ils m'entraînent et qu'ils me dispersent sans pitié.
Pour la vie, pour le risque et la beauté du jeu,
Pour la terre et pour l'air, pour l'eau et pour le feu.
Je n'eus pas de bonheur et ne pus satisfaire
Leur jeune volonté. Mon esprit s'appliqua
A cultiver avec acharnement, de l'art
Qui tisse le néant, les vaines symétries.
On me créait vaillant. Je n'eus pas de vaillance.
Une ombre à mes cotés jamais ne m'abandonne,
Celle d'avoir été un vrai desdichado*
BORGES (extrait de la rose profonde 1975)

* terme espagnol : malheureux infortuné.
18:58 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, borges, le remord
20.05.2008
L'humanité (Sénéque)
16:43 Publié dans L'écho d'une phrase | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, sénéque citation, l'humanité.
BERSERK (Kentarô Miura)
Auteur : Kentarô Miura
Cette série manga est une grande épopée romanesque et violente, à mi-chemin entre le « seigneur des anneaux » de Tolkien pour son inspiration romanesque et de« Ken le survivant » pour son coté brutal. Guts, le héros de cette série à la longue cape noire et au bras « arbalète » débarque dans un village, où il sauve malgré lui dans une auberge malfamée un jeune elfe après avoir transpercé d’une bonne centaine de flèches ses nombreux agresseurs. Guts est un chasseur de démons, il vient dans ce village pour tuer le seigneur des lieux qui se nourrit exclusivement de chairs fraîches, surtout la peau tendre des enfants et des femmes des villageois terrorisés…
Notre héros, sorte de Conan le barbare nippon arrivera t’il à tuer ce monstre ?
Guts est l’un des héros les plus populaires au Japon, il fait le bonheur de nombreux okatistes (fans de mangas) qui s’habillent dès qu’ils le peuvent comme ce « héros gothique » dans les nombreuses soirées Cosplay organisées dans les villes nipponnes.
Ce manga ravira les fans de Dark fantaisy, tant les histoires de BERSERK sont riches en rebondissements et les dessins sombres de Kentarô Miura somptueux et inquiétants…
16:42 Publié dans Mangas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, manga, berserk, kentarô miura.
Désert (Le Clézio)
Titre: Désert
Auteur: Le Clézio.
Ce livre est l'histoire de la jeune Lalla qui a pour ancêtres les "hommes bleus", guerriers du desert saharien. Elle vit dans un bidonville, au sud du Maroc vers 1920. On suit tout le long de ce roman son émerveillement enfantin pour la beauté de la nature. On est touché par son amour pour le Hartani, un jeune berger muet qui connaît tout les secrets et les légendes du désert. Les pages s'enchaînent et le lecteur est plongé dans un tourbillon d'émotions, de sensations puissantes, tant Jmg Le Clézio rend compte de façon extraordinnaire de la beauté des paysages du désert. Son sens descriptif est sans égale.
Puis c'est l'exil à Marseille et la violence qui commence... Mais Lalla a beau souffrir, être arracher aux siens, travailler dans un hotel de passe, devenir cover-girl célèbre, rien n'éteint ses souvenirs, sa force elle la tire de ses origines, de sa foi envers le désert et du sang de ses ancêtres.
Prix Renaudot en 1980 et grand prix"Paul Morand" décerné pour la première fois par l'académie française, ce chef d'oeuvre de la littérature française du 20eme siècle traite de l'identité et de l'éxil.
JMG Leclezio arrive avec un style poétique et envoutant à nous transporter dans le désert, ce livre est un véritable voyage.
AGENT BEN.
EXTRAIT: Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet, de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient.
Lentement ils sont descendus das la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.
C'étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore sombre dans les voiles indigo.
Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement sans regarder où ils allaient. Le vent soufflait continûment, le vent du desert, chaud le jour, froid la nuit. Le sable fuyait autour d'eux, entre les pattes des chameaux, fouettait le visage des femmes qui rabattaient la toile bleue sur leurs yeux. Les jeunes enfants couraient, les bébés pleuraient, enroulés dans la toile bleue sur le dos de leur mère. Les chameaux grommelaient, éternuaient.
Personne ne savait où on allait.
16:42 Publié dans Mes Classiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, désert, le clézio.
11.05.2008
Absurdistan (Gary,Shteyngart) 2008.
Micha Vainberg est un jeune juif, Citoyen russe et héritier d’un baron de la Mafia. Sorte d'Oblomov moderne, il végète à Saint-Pétersbourg, entre soirées arrosées à la vodka avec son ami Aliocha-Bob et repas luxueux dans les plus grands restaurant de la ville. En quittant New York (où il avait émigré dix ans plus tôt), il s’est éloigné de sa fiancée, la plantureuse Rouenna, une danseuse dans un "bar à nichons" qu’il continue d’entretenir et qu'il rêve de rejoindre aux Etats Unis, mais la réputation de son père l'empêche d'obtenir son visa pour les Etats Unis. Un jour, il apprend qu'elle s’est laissé séduire par Jerry Shteynfarb, auteur suffisant du Traité de branlette à l’usage des jeunes arrivistes…
Le coeur brisé Micha décide de partir pour l’Absurdistan, un petit pays colonisé par les compagnies pétrolières américaines. Enrôlé dans une guerre civile montée de toutes pièces par les dirigeants sans scrupules de l’Absurdistan, Micha découvre le cynisme économique et ses conséquences catastrophiques pour l’avenir de l’humanité.
Gary Shteyngart signe avec ce roman "Absurdistan" un pamphlet contre le capitalisme et la mondialisation.
Ce roman est à lire absolumment car il est vraiment très drôle, le personnage centrale de ce livre un gros garçon compléxé par son sexe circoncis est vraiment hilarant. Gary Shteyngart est concidéré aux Etats Unis comme le digne "successeur" de Philip Roth ou de Woody Allen pour son humour décapant et son autodérision assumée.
Ce roman est un chef d'oeuvre d'humour.
Ben
19:04 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, absurdistan, gary shteyngart
Le tournant, histoire d'une vie (Klaus Mann) extrait.
Le bien-être bêtement sentimental et rassasié d'un vulgaire bonheur conjugal ne lui eût pas plus convenu qu'à lui.
Car de toute évidence, elle n'appartenait pas à ce type d'être aux yeux bleus, à ce type d'être "ordinaire", vers lequel les héros de ses livres se sentaient attirés avec tant de tendre mépris et d'ironique nostalgie. Elle n'était ni blonde, ni ignorante, ni robuste, elle avait des yeux sombres, elle était réfléchie et ces souffrances qu'il décrivait ne lui étaient que trop familères. Leur mariage n'était donc pas la rencontre de deux pôles opposés; il s'agissait bien plutôt de l' union de deux êtres qui se savaient proches - d'une alliance entre deux êtres solitaires et sensibles qui espéraient gagner ensemble un combat que chacun séparément n'eût pas été de taille à affronter. La décision qu'il avait prise d'accepter les joies et les responsabilités de la vie normale, de mettre des enfants au monde, de fonder une famille-
Sa décision d'être heureux - qu'était ce donc au fond, sinon une démarche dictée par un sentiment de devoir moral, une tentative pour surmonter cette "sympathie envers la mort", leitmotiv intimement mêlé à la trame de tous ses rêves? Ni discipline ni ironie n'eussent été assez fortes pour tenir tête à cette douce et redoutable séduction - l'extase nihiliste de Tristan, le complexe du Nirvâna, la fascination mortelle de tout romantisme. Quelle puissance était assez grande pour se mesurer à ce sombre sortilège? L'amour était-il le remède magique dont la force saurait mettre au service de la vie tout ce qui était équivoque et destructeur?... Mais comme il doit être difficile d'apprendre le langage de l'amour! (...)
Il faut du temps pour tout, la vie n'est pas pressée. Les grandes décisions ont beau être prises en un seul intant dramatique, elles ne se concrétisent et n'évoluent que peu à peu il faut des mois et des années avant qu'elles ne prennent l'importance et les allures familières de la réalité.
Extrait: "Le tournant" histoire d'une vie de Klaus MANN.
18:49 Publié dans L'écho d'une phrase | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, extrait le tournant klaus mann.
























